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La Syntérèse

Le mot Syntérèse (ou Syndérèse) prend sa source dans la philosophie plotinienne. Le célèbre Plotin (Plotinus) (205 - 270 apr. J.-C.) désignait ainsi le centre de l’âme. Plus tard, la Syntérèse est une notion devenue importante dans la mystique chrétienne.

Au Moyen Âge, la Syntérèse est connue comme étant la conscience morale qu’aucune démarche ne pourrait détruire et qui, d’elle-même, sait ce qui est bon et ce qui est mauvais. Selon cette définition, il y a dans l'esprit humain une instance qui possède une connaissance indestructible de ce qui est bien et ce qui est mal. Selon Saint-Thomas d’Aquin, « … la Syndérèse incite au bien et proteste contre le mal  » SOMME THÉOLOGIQUE, chapitre 79 Article 12. (Accessible sur internet sous le nom de "PROJET DOCTEUR ANGÉLIQUE".)

Mais déjà avant la philosophie grecque ou dans d’autres cultures et civilisations nous pouvons trouver des concepts similaires. Ils reposent tous sur le fait que le Créateur a donné à sa création un plan de vie initial, une équation de vie à respecter.

C’est ainsi que l’on peut trouver un concepte équivalent à celui de la Syntérèse dans l’un des plus anciens livres sacrés de l’humanité qui s’appelle I KING, Le Livre des transformations. Je cite un passage du 25e signe intitulé, WU WANG/L'INNOCENCE : « L'homme a reçu du ciel la nature originellement bonne qui le guide dans tous les mouvements. »

Dans le Saint Coran, source sacrée, absolument primordiale pour tout croyant musulman, se trouve le concept de la Fitra : « Dirige tout ton être vers la religion exclusivement, telle est la nature (Fitra) que Dieu a originellement donnée aux hommes… » (sourate 30, verset 30). Selon le célèbre converti Leopold Weiss connu aujourd’hui sous le nom Muhammad Asad, la Fitra est « … une prédisposition naturelle, une intuition innée a l’être humain, qui le rend capable de distinguer entre ce qui est juste et ce qui est injuste et entre ce qui est vrai et ce qui est faux, pour ainsi ressentir l’existence et l’unité divine. » (Die Botschaft des KORAN, Muhammad Asad, Patmos Verlag, 2009 — ma traduction).